Philippe Blazquez psychanalyste sexothérapeute bordeaux thérapie de couple bordeaux
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La psychanalyse permet de mieux être soi même

La psychanalyse est une aventure à la découverte de soi

L'analyse est un processus évolutif en accéléré

Bienveillance - Écoute - Neutralité - Empathie

Le Traumatisme en Psychanalyse

Sortir du Traumatisme

 

 

 

 

Le mot traumatisme provient du grec trauma qui signifie blessure, blessure qui peut être physique, psychique, voire les deux.

 

Un traumatisme est un choc reçu auquel nous ne nous étions pas préparés et qui nous dépasse.

A noter l’analogie que nous pouvons faire entre un traumatisme physique et psychique au travers de cette définition.

Ou encore nous pouvons dire un choc reçu pour lequel les capacités d’absorption de l’individu sont dépassées, l’intensité du choc n’est pas prévue par l’organisme.

Il y a aussi une notion de temporalité dans le sens où la douleur va subsister voire s’amplifier dans le temps après le choc, nous parlerons de l'après coup du traumatisme.

De même nous pouvons retrouver cette notion de temporalité dans le sens où le choc n’est pas forcément violent et unique mais qu’il peut être aussi une succession de chocs moins puissants mais répétés dans le temps qui pourront avoir aussi des effets traumatiques.

 

Le traumatisme provoque un état de stress permanent chez l’individu. Il est à noter que l’utilité biologique du stress est de nous préparer à une action (une réponse) visant à assurer notre survie en cas de danger. A savoir à avoir une réponse face à une agression qui consiste au combat ou à la fuite suivant la situation à la laquelle nous sommes confrontée (il existe une troisième alternative qui est de "faire le mort" mais pour cette réponse le stress n'est pas utile).

Face au stress post-traumatique cette réponse (fuite ou combat) n’est pas possible et provoque une impasse. Toutefois un simili de fuite sera souvent adopté dans le sens où nous fuirons les images du trauma et les situations qui peuvent nous ramener à la situation vécue comme traumatique.

 

Mais nous pouvons toutefois dire que notre réponse biologique face au trauma n’est pas appropriée, notre cerveau mais pas préparé à cela.

 

 

Chez l’enfant, le cumul de microtraumatismes comme des moqueries fréquentes à l’école par exemple provoqueront chez lui un désir de fuite. Mais il ne pourra pas fuir, il sera comme enfermé entre les murs de l’école. Devant cette impossibilité de fuir, il va avoir peur et va alors chercher à disparaître en ce faisant tout petit, en étant discret. Il aura envie d’être dans un autre lieu, d’être un autre, ce comportement se retrouve également chez l’adulte. Lorsque nous vivons une situation où nous nous sentons très mal à l’aise nous nous faisons tout petit et aimerions disparaître « j’étais tellement mal que j’aurais aimé disparaitre ».

 

Cette impossibilité de fuir va amener l’individu à quitter le réel de manière symbolique, à fuir la réalité, il pourra y avoir une dissociation du moi, de la personnalité. En effet, dans le même temps la vie continu et je dois continuer à vivre « normalement », mais je serai à la fois présent et absent dans cette réalité que je ne supporte plus et que je vais chercher à fuir en me créant une nouvelle personnalité.

Nous allons nous créer une nouvelle personnalité et peu à peu elle va prendre le dessus sur l’ancienne et nous allons oublier qui nous étions avant le traumatisme.

 

Cette lutte va entrainer une dépense d’énergie très forte et diminuer en cela nos capacités d’absorption des accidents de la vie, même ceux qui peuvent sembler anodins vus de l’extérieur. C’est pour cela que suite à un trauma un évènement en apparence anodin pourra fortement nous affecter, nous allons devenir des êtres ultrasensibles.

 

Le traumatisme pourra être vécu aussi à retardement, l’individu vit un traumatisme fort ou une succession de petits traumatismes mais étalés dans le temps. Il arrive à s’en sortir tant bien  que mal, puis un jour il vit un nouveau traumatisme moins fort mais qu’il relie dans son psychisme au traumatisme passé. Il prend alors conscience que ce qu’il a vécu dans le passé était un traumatisme, certains d’entre nous l’ont surement vécu. Ce qu’il (re)vit dans le présent va rendre inacceptable ce qu’il a vécu dans le passé, alors qu’à l’époque il l’avait plutôt bien vécu. Ce mécanisme va accentuer le phénomène traumatique, cette antériorité va nous amener à construire un scénario, nous allons rentrer dans une espèce de fantasme qui va nourrir la création d’une nouvelle personnalité dans un but défensif.

 

C’est aussi pour cela que souvent, ceux qui ont vécu un grave accident ou frôlé la mort ne sont plus les mêmes par la suite, que nous les trouveront changés.

 

 

Mais revenons à la modification de nos personnalité, c’est quelque chose que nous faisons tous au cours de notre existence (enfin la plupart). Parfois nos rencontres, nos découvertes font que nos convictions, notre vision de certaines choses, de la vie, peut évoluer (y’a que les cons qui changent pas d’avis). Notre manière de voir la vie va changer, cela va entrainer un changement de position chez nous. Que faisons-nous alors de nos anciennes convictions que nous avons pu avoir pendant des années, voire des dizaines d’années. D’autant plus que notre nouvelle croyance peut se retrouver en opposition avec notre ancienne conviction.

Mais cette ancienne idée est reliée à la construction de notre personnalité, ce que nous sommes aujourd’hui en découle en partie et c’est même cela qui nous a permis d’accéder aujourd’hui à notre nouvelle vision de la vie. C’est se dire ce que j’étais n’est plus bon, mais ça l’est quand même car ça m’a permis d’en arriver où j’en suis aujourd’hui. Il est naturel que nous ayons du mal à renoncer à cette ancienne idée, nous allons alors rajouter la nouvelle par-dessus, sans oublier l’ancienne et tout ce qu’elle nous a apporté. Avec ce mécanisme nous allons alors en quelques sortes dissocier notre personnalité, la scinder. Ce que je pensais ne me correspond plus, ce n’est plus moi mais c’était moi, je me crée un nouveau moi.

 

Nous retrouvons exactement le même mécanisme qu’avec le traumatisme (avec bien sûr une souffrance bien  moindre), je renonce à mon ancienne personnalité et je m’en crée une nouvelle. Nous sommes ici en plein dans la théorie psy du faux self (Winnicott psychanalyste anglais).

 

 

Ce phénomène est à la base de notre capacité empathique si utile chez le psy, d’où l’intérêt, même si ce n’est pas le seul, d’aller voir un psy qui a fait un travail sur lui et qui a ainsi développé cette capacité de faux self et par delà sa capacité empathique.

 

 

Toutefois cette capacité à modifier sa personnalité nécessite de l’énergie et parfois le traumatisme étant un fort consommateur d’énergie et pouvant prendre alors toute la place dans le psychisme, nous ne serons pas capable de mettre en place ce mécanisme. Dans les cas extrêmes la seule issue sera le suicide.

 

Cette construction d’une nouvelle personnalité sous entend un aspect créatif, l’individu va être dans la création, souvent une nouvelle activité, voire la découverte d’une passion permettra d’accompagner ce mécanisme. C’est pour cela que souvent les victimes de traumatisme arriveront à le dépasser en cherchant dans l’ailleurs, un ailleurs où le trauma n’est plus présent et qui l’aidera à « oublier » son trauma et par delà son ancienne vie.

 

Nous avons tous en nous les capacités de dépasser le trauma, mais certains d’entre nous pourront avoir besoin d’une aide temporaire pour cela.

Le thérapeute devra nous montrer que la vie ne s’arrête pas au trauma, qu’un ailleurs est possible, il s’agira alors de créer, d’ouvrir un espace des possibles dans lequel l’individu traumatisé pourra renaître et découvrir toute une nouvelle palette de possibilités.

 

 

Je retiendrais que moins on est préparé à un trauma et plus il aura des effets destructeurs, que ses effets pourront être amoindris si la personne est soutenue avant qu’elle refoule et si son entourage ne dénie pas ce qu’il lui est arrivé.

Egalement que face à un traumatisme qui dépasse les capacités d'absorption du psychisme et bien celui-ci se fragmente en plusieurs morceaux pour mieux supporter la douleur. Que dans les cas extrêmes, il y aura abandon total face à l’agresseur en espérant sa clémence et ainsi assurer sa survie (syndrome de Stockholm).

Qu’un trauma cherchera toujours à ressortir sous forme de symptômes névrotiques et également au travers des rêves qui feront revivre souvent de manière déformée le trauma, phénomène de répétition du psychisme qui tente de "liquider" le trauma dans une tentative désespérée.

Puis que pour guérir d’un trauma il faudrait le revivre dans un environnement secure et y trouver une issue favorable (rejouer le trauma).

 

L’humanité a renoncé à son instinct animal, l’humanité c’est aussi aider les plus faibles à s’en sortir, c’est aussi le rôle de la société.

C’est cela l’humanité, transcender ses faiblesses, ses traumatismes pour aller vers quelque chose de meilleur.

 

Tout ce qui ne tue pas rend plus forts (Nietzsche) et nous pouvons voir aussi le traumatisme, même s’il est difficile à vivre, comme quelque chose qui nous fait évoluer et qui nous permet d’accéder à d’autres sphères et d’être ce que nous sommes aujourd’hui.

Sachant que nous avons tous vécu des traumatismes dans notre vie dont un au tout début de notre arrivée au monde : Le traumatisme de la naissance (voir Otto Rank psychanalyste contemporain de Freud).

 

Ce qui compte c’est l’après et ce que nous en faisons …