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La psychanalyse permet de mieux être soi même

La psychanalyse est une aventure à la découverte de soi

L'analyse est un processus évolutif en accéléré

Bienveillance - Écoute - Neutralité - Empathie

L'Amour et l'Amitié

 

 

 

Je commencerai cet échange en donnant la vision de l'amour au travers de la mythologie grecque.

J’évoquerai ensuite la vie du nourrisson puis du jeune enfant. Comment il découvre l’amour et l’amitié, dans quelles conditions, avec quels enjeux.

Puis au fur et à mesure que l’enfant grandit, comment il traverse les expériences d’amour et d’amitié.

Puis je tenterai de définir ce qu’est l’amour d’un point de vue biologique, scientifique, ce qu’est le coup de foudre

Enfin tout cela nous mènera à nous, adultes et à notre propre rapport à l’amour et l’amitié.

Puis je terminerai par quelques citations, exercice pour lequel je demanderai votre contribution.

Et ce sera pour finir la soirée un libre échange entre nous, sachant que tout au long de la soirée vous êtes libre d’intervenir quand vous voulez.

 

 

 

L'AMOUR VU PAR LA MYTHOLOGIE GRECQUE.

 

Les peuples anciens (Egypte antique, Grèce antique, ...) avaient probablement un savoir qui s'est en partie perdu au fil du temps et que nous sommes en train de redécouvrir aujourd'hui.

L'étymologie des mots nous apprend également beaucoup, notamment avec le mot désir qui est lié à l'absence d'une étoile (un astre) dans le ciel et qui serait donc issu d'un manque.

 

Dans la Grèce antique il y avait 4 mots différents pour dire amour et qui dépendaient du contexte

 

  • Agapè (ἀγάπη / agápê) : l'amour désintéressé, divin, universel, inconditionnel

  • Éros (ἔρως / érôs) : l'amour naturel, la concupiscence, le plaisir corporel

  • Storgê (στοργή / storgế) : l'affection familiale, l'amour familial

  • Philia (φιλία / philía) : l'amitié, l'amour bienveillant, le plaisir de la compagnie

 

 

 

LA NAISSANCE DE L’AMITIE ET DE L’AMOUR

 

Je vais évoquer ici la vie du nourrisson au travers de sa perception du monde. En tant que psychanalyste j’ai bien évidemment une tendance à remonter aux origines.

Enfin ce que je vais présenter ici reste une théorie issue de la psychanalyse avec notamment les travaux de Mélanie Klein, Françoise Dolto, Winicott mais aussi de René A Spitz avec son livre « De la naissance à la parole ». Cette théorie n’a jamais été démontrée scientifiquement même si aujourd’hui c’est le modèle le plus communément admis par les psys.

 

 

Le stade non objectal

Lorsque l’enfant vient au monde il ne distingue pas son environnement extérieur de son propre corps. Pour lui intérieur et extérieur ne font qu’un, comme cela était le cas quand il était encore dans le ventre de sa mère. Il ne distingue pas le dedans du dehors, il ne ressent pas l’environnement comme séparé de lui même. Ici nous ne pouvons pas encore parler d’amour, le nourrisson ne ressent pas le monde comme nous le ressentons mais nous allons voir que l’amour est déjà présent.

Durant cette période, les perceptions passent uniquement par les systèmes intéroceptifs (lié aux viscères) et proprioceptif (sensibilité périphérique) surtout au niveau de la bouche et de ce qui l’entoure et la compose (lèvres, langue, palais, nez, …) nous pouvons parler de « museau ». Comme tant d’autres animaux, l’homme va aborder la perception de l’environnement avec « son museau ». En psychanalyse nous parlons de stade oral (par la bouche).

C’est pour cela que lorsque vous observez un bébé, il a tendance à tout porter à la bouche, c’est sa manière à lui de découvrir le monde.

 

La mère (symboliquement le sein nourricier) est donc perçue comme une partie de lui-même. Extérieur et intérieur ne font qu’un. Au début de sa vie, la seule chose qui importe à l’enfant, c’est la nourriture synonyme de survie. Tout va tourner autour de cela, il va vivre par son alimentation et pour son alimentation.

 

A ce stade, il n’y a pas de désirs ; seuls les besoins existent et ils demandent à être satisfaits. Toutefois, du plaisir va commencer à être pris dans la satisfaction de ces besoins et c’est de ce plaisir, que va naître le désir (puis plus tard l’amour). Lien entre désir et amour…

 

Peu à peu va commencer à apparaître la notion d’amour pour l’enfant. Dans un premier temps, il va le ressentir sans savoir vraiment ce que c’est.

C’est l’amour de la mère qui est présent dès la naissance et même avant la naissance. Certaines théories psychanalytiques vont dans le sens que le fœtus ressent très tôt tout ce que ressent la mère (Dolto).

C’est notre première rencontre avec l’amour, il provient de la mère et même si nous n’en avons alors pas conscience, cette première rencontre avec l’amour va nous marquer pour le reste de notre existence.

         

 

Le berceau de la perception

Puis peu à peu, le nourrisson va commencer à percevoir le monde extérieur. Chez l’homme, la vue n’est pas quelque chose d’innée, l’homme doit « apprendre » à voir. L’homme naît totalement dépendant à la mère, il est incapable de se déplacer et de subvenir seul à ses besoins. La vue ne lui est donc au début d’aucune utilité.

C’est de ce lien avec la mère qui permet d’assurer la survie, que va découler la première situation d’apprentissage qui va permettre de développer la perception visuelle.

Durant tout l’acte de la tétée, le nourrisson ne quitte pas des yeux le visage de sa mère. Même s’il perd le téton, il va chercher à le retrouver par le fouissement mais ne va pas quitter des yeux le visage de sa mère. Peu à peu le visage de la mère va être associé à la satisfaction de la faim et au plaisir qui en découle.

 

Que voyons-nous ici ? Simplement les prémices de la naissance du désir à son état archaïque. L’enfant prend plaisir à téter et son plaisir va être lié à la vue du visage de sa mère. Nous pouvons dire que la tétée est issue d’un besoin et que la vue du visage de sa mère est issue d’un désir.

C’est par la vue que le nourrisson va rencontrer l’autre et qu’il va découvrir petit à petit l’amour (plaisir – désir – amour).

Cette expérience nous marquera à jamais. Aujourd’hui, lors d’une rencontre le premier sens qui établit le contact avec l’autre et qui éveille l’attirance est la vue. Et bien l’origine de ce mécanisme se situe ici.

           

 

Le stade préobjectal

Au cours du troisième mois, il va se produire un événement extraordinaire. Oui, c’est à partir de ce moment qu’en voyant un visage humain, l’enfant va répondre par un sourire (auparavant il pouvait sourire aux anges). C’est la première manifestation active, dirigée et intentionnelle de la part du nourrisson.

L’enfant réagit à un visage humain de face et cela que ce soit un visage connu ou inconnu.

 

Le visage est la première chose que voit le nourrisson et en réponse sa première expression dirigée, volontaire, sera le sourire.

Comment ici ne pas faire le parallèle avec nous adultes ? En effet, lors d’une rencontre, quelle est la chose que nous regardons en premier ? Et bien comme le nourrisson, la première chose que nous regardons est le visage et je rajouterai pour appuyer sur l’importance du visage qu’il est bien plus difficile pour le commun des mortels de regarder un visage mutilé qu’un corps mutilé.

Et que dire sur le sourire ? Il permet d’établir le premier contact lors d’une rencontre, c’est un encouragement à aller plus loin, à entrer en communication. Il est aussi une manière d’améliorer un peu le quotidien.

 

Que voyons-nous ? Et bien que par son origine archaïque, le sourire est à la base des relations sociales. En effet, il est le premier échange social que le nourrisson effectue avec le monde extérieur.

Le sourire est le terreau de l’amour, c’est lui qui a la base de la communication, hors communiquer n’est ce pas aimer ?

Nous avons tendance à l’oublier, mais au combien un échange entre 2 êtres humains est bien plus agréable lorsque le sourire en fait partie.

 

           

Les relations mère-enfant

Le nourrisson à ce stade (quelques mois) va ressentir très fortement les sentiments de la mère et notamment son amour maternel.

Si la mère est tendre et maternelle envers son enfant et qu’elle prend du plaisir à toutes ses activités avec lui et bien l’enfant ressentira du plaisir. Peu à peu, amour et plaisir vont être associés de manière naturelle dans l’esprit de l’enfant.

 

Les échanges entre la mère et l’enfant sont d’une grande variété. Il en existe une multitude et ils sont d’une grande richesse. La mère et l’enfant s’influent l’un sur l’autre de manière circulaire, il y dualité. Freud a appelé cette dualité « une foule à deux ». La mère et l’enfant sont seuls au monde, mais ce qui se passe entre eux 2 est tout un monde.

Freud avait écrit « l’amour est un égoïsme à deux » et bien pour la relation mère-enfant, c’est multiplié par cent.

La mère est capable d’une forte empathie pour son enfant, elle sait percevoir ce que désire le nourrisson. Il perçoit également l’humeur maternelle et ces désirs, il existe un véritable canal de communication entre la mère et l’enfant.

Ce canal, c’est le canal de l’amour, sans amour ce ne serait pas possible.

C’est cette expérience affective qui va ouvrir la voie, pendant la première année, au développement de tous les autres secteurs.

           

             

L’objet

Puis, vers l’âge de six mois, une nouvelle évolution va se produire. Jusqu’à maintenant, l’enfant souriait à n’importe quel visage humain que l’on lui présentait. Peu à peu, l’enfant va commencer à ne plus sourire aux visages inconnus et va continuer cependant à sourire aux visages connus et notamment à celui de sa mère. Ce changement va avoir alors un effet nouveau, à savoir que l’enfant ayant pris conscience que sa mère ne fait pas partie de lui, il va alors avoir peur de la perdre, cela va provoquer chez lui une forte angoisse : L’angoisse du huitième mois. Dans l’angoisse du huitième mois l’enfant répond à la présence d’un inconnu par une réaction d’angoisse, voire de panique.

L’enfant, qui auparavant pensait que sa mère faisait partie de lui ou était lui, a réalisé à présent qu’elle est extérieure à lui. A chaque fois qu’elle va partir, il va avoir l’impression de perdre une partie de soi (son moi). C’est le stade du « moi perdu » et c’est un temps difficile pour le nourrisson, un temps dépressif.

           

A partir de ce moment, il rentre dans les relations humaines et pour la première fois il va ressentir du désir pour un objet, à savoir que le premier objet de son désir sera sa mère. Ce sera son premier objet d’amour. Alors qu’avant il était difficile de parler d’amour, sachant que nous ne pouvons pas parler d’amour tant que l’être aimé ne peut pas être distingué des autres

Notre premier amour est notre mère. C’est notre première rencontre avec l’amour, nous avons d’abord reçu de l’amour mais sans vraiment avoir conscience de ce que c’était. Puis nous découvrons enfin ce que c’est quand nous nous apercevons que nous pouvons le perdre, et de cela découle que nous tombons nous même en amour.

Ici je ne peux m’empêcher de faire le parallèle avec notre vie d’adulte dans laquelle parfois ou même souvent nous prenons conscience de l’amour que nous portions envers l’autre lorsque nous le perdons. Et bien il semblerait que l’origine de ce mécanisme se situe ici.

 

Faisons maintenant un petit rappel des deux étapes qui mènent à l’établissement de la relation à l’autre et par conséquent pour moi la naissance de l’amour:

  • L’apparition de la réaction (sourire) du nourrisson face au visage

  • La distinction du visage de sa mère par rapport aux autres visages, qui eux peuvent provoque de l’angoisse (angoisse du huitième mois)

            Ces deux évènements signifient l’entrée de l’enfant dans le monde relationnel. A partir de ce moment là, et pour un certain temps encore, l’enfant aura pour unique objet d’amour sa mère.

 

 

Le stade du miroir

Nous avons vu jusqu’à maintenant comment l’enfant évolue depuis sa naissance et comment il accède peu à peu aux relations humaines. L’enfant a alors bien conscience des autres (des objets), il peut les investir (ces objets), mais il n’a pas encore tout à fait conscience de lui en tant que sujet.

Entre six et dix-huit mois, l’enfant va franchir un nouveau palier. Je vais relater ici la scène que décritLacan lorsqu’il parle du .

 

L’enfant se trouve devant un miroir avec sa mère, leurs deux images sont reflétées par le miroir. L’enfant se tourne alors vers sa mère la regarde et lui dit « c’est toi » en montrant le reflet de sa mère dans le miroir. La mère lui répond « oui, c’est moi ». Puis la mère montre alors à l’enfant son reflet dans le miroir et lui dit « regarde, c’est toi ». L’enfant regarde son image, comprend que c’est lui et se tourne alors vers sa mère en souriant et lui répond « oui, c’est moi ».

           

C’est un stade très important, un élément fondateur dans le psychisme de l’enfant. En effet, depuis qu’il est né, l’enfant va pour la première fois se ressentir en tant que sujet. Le « je » va naître à ce moment, mais cela va pouvoir se mettre en place grâce à la présence de l’autre (la mère) devant le miroir. Le sujet a besoin de l’autre pour se constituer, il a besoin de l’autre pour se reconnaître à travers la reconnaissance de l’autre.

Son image va passer par celle que lui renvoie le regard de l’autre. Ce regard et ce qu’il renvoie prend ici une grande importance car il va toucher au narcissisme de l’enfant (amour de soi)

                       

           

Le stade anal

L’avènement du stade du miroir va marquer le passage du stade oral au stade anal, stade qui va amener un déplacement des zones érogènes de la zone orale vers la zone anale. Il se situe entre 18 et 30 mois environ.

           

C’est l’âge où l’enfant va apprendre à devenir propre. Pour la première fois, il va détenir un pouvoir via le contrôle de l’expulsion ou non de ses selles.

Les selles sont à la fois un objet interne et un objet externe. C’est une partie de lui qui était à l’intérieur et qui suite à l’expulsion, se retrouve à l’extérieur. Elles appartiennent à l’enfant, nous voyons ici naître les .

Cet objet lui appartient tout en étant séparé de lui et il va comprendre que cet objet, qui est pourtant séparé de lui, va pouvoir être aimé.

Son désir d’être aimé va s’exprimer à travers cet objet externe mais qui lui appartient.

 

Par amour pour sa mère mais aussi pour l’amour de sa mère il va chercher à lui faire plaisir en devenant propre.

Nous voyons ici se créer les prémisses du lien qui existe entre amour et possession, lien sur lequel je reviendrai plus tard…

 

C’est aussi l’âge de l’identification au père, dans son désir de retrouver la mère. L’enfant qui aura bien compris que cet autre qui accapare la mère, qui la monopolise durant son absence (à la mère) a un pouvoir que lui n’a pas.

Dans sa quête du pouvoir, l’enfant va s’identifier au père au travers de son désir de la mère et surtout du à la place du père.

Il va aimer le père et vouloir être aimé de lui pour avoir son pouvoir et ainsi pouvoir retrouver la mère. Après s’être identifié à la mère l’enfant va s’identifier au père, de cela découle que nous avons tous en nous, que nous soyons homme ou femme, une part masculine et une part féminine. Et c’est de l’amour de ces 2 parties que dépend en grande partie notre équilibre de vie en tant qu’adulte.

Le père va en quelque sorte apprendre à l’enfant que l’amour n’est pas exclusif, que la mère peut aimer quelqu’un d’autre que lui et que lui (l’enfant) peut aimer quelqu’un d’autre que la mère.

De là découle notre capacité à pouvoir aimer plusieurs individus au cours de notre vie, voir même aimer plusieurs personnes à la fois.

 

 

Le stade phallique

Le stade phallique fait suite au stade anal et va se situer entre les âges de trois à cinq-six ans, comme lors du passage du stade oral au stade anal. Les zones érogènes vont à nouveau connaître une migration. Après avoir été situées au niveau de la bouche puis de l’anus, elles vont se déplacer vers les zones génitales, le pénis chez le garçon et le clitoris pour la fille.

C’est la période aussi bien pour le garçon que pour la fille de l’onanisme. Le désir sexuel de l’enfant va s’étayer sur de puissants fantasmes de gratifications issus des représentations parentales ou des scènes de la journée. Il sera important alors de rassurer l’enfant tout en le cadrant sur la pratique de l’onanisme, en lui expliquant que cela est normal mais que l’on ne peut pas pratiquer la masturbation n’importe quand et n’importe où (pas en public par exemple).

Durant cette période les relations des enfants avec leur entourage (surtout les parents) vont présenter de fortes similitudes avec la vie amoureuse des adultes. Peu à peu, va émerger dans l’esprit de l’enfant, de manière inconsciente, une histoire incroyable qui va amener de profonds changements dans son psychisme. Cette histoire, c’est l’Œdipe, terme issu du conte grec de Sophocle qui raconte l’histoire d’Œdipe. Je vais la relater ici :

 

Laïos et Jocaste, les souverains de Thèbes, ont appris, après avoir consulté l'oracle de Delphes, que, s'ils avaient un fils, ce dernier tuerait son père et épouserait Jocaste, sa mère. À la naissance de ce fils redouté, Laïos et Jocaste chargent un serviteur d’abandonner ce dernier sur le Mont Cithéron après lui avoir passé une corde à travers les pieds. Mais un couple de bergers le trouve, le détache et en prend soin avant de le confier à un voyageur. Lequel conduit l'enfant à la cour de Polybe, roi de Corinthe qui s'attache à l'enfant et l’élève comme son propre fils, sans lui révéler le secret de ses origines. Il lui donne le nom d’Œdipe qui signifie « celui qui a les pieds enflés ».

 

Œdipe apprend, en consultant l'oracle de Delphes, qu'il est victime de cette malédiction. Il décide alors de s'écarter de sa famille afin d'échapper à son destin. Pour cela, il quitte Corinthe sans but précis. En chemin, il rencontre un homme avec ses serviteurs. Œdipe le tue, pensant que c’était le chef d’une bande de voleurs. Il apprendra plus tard que cet homme était Laïos, son géniteur.

Lorsqu'il arrive à Thèbes, Œdipe se trouve confronté au Sphinx qui assiège la ville. Ce dernier lui pose une énigme : « Qu’est-ce qui marche à quatre pattes le matin, à deux le midi et à trois le soir ? » Œdipe répond juste : « c’est l’Homme qui au matin de sa vie se déplace à quatre pattes, qui au midi de sa vie marche avec ses deux jambes et qui au soir de sa vie s'aide d'une canne, marchant ainsi sur trois pattes ». Les habitants, pour le remercier d’avoir débarrassé le pays du Sphinx, en font le roi de Thèbes et lui donnent la main de la reine qui est veuve. Œdipe a donc tué son père, et épousé sa mère comme l’avait prédit l'oracle. Lui et Jocaste vivent heureux pendant de nombreuses années, ignorant leur véritable lien de parenté.

Un jour, une épidémie de peste contamine Thèbes. L’oracle de Delphes annonce que cette épidémie durera tant que le tueur de Laïos ne se sera pas dénoncé. Œdipe fait alors rechercher le coupable, mais il ne tarde pas à réaliser que c'est lui le meurtrier de son père. Jocaste, malheureusement, apprend bientôt la nouvelle et se suicide de désespoir par pendaison. Quant à Œdipe, il comprend que leurs enfants, Étéocle, Polynice, Antigone et Ismène sont maudits par l'inceste de leurs parents. De désespoir, il se crève les yeux avec la broche de son épouse et mère Jocaste, puis renonce à la royauté. Pour cette raison, il est chassé de Thèbes quelques années plus tard. Après avoir longtemps erré avec Antigone sa fille qui lui servait de guide, il arrive dans un lieu de culte non loin d'Athènes, où l'on vénère les Érinyes. C'est là qu'il meurt, juste après qu'Apollon lui ait promis que sa sépulture resterait un lieu sacré et bénéfique pour Athènes.

           

 

Le complexe d’Œdipe

Le complexe d’Œdipe repose sur l’interdit de l’inceste. Comme Freud l’a démontré dans « Totem et Tabou », l’interdit de l’inceste est une loi humaine universelle. L’anthropologue Claude Levy-Strauss l’a également souligné ainsi que de nombreuses autres recherches. Quelques soient les origines ou la culture des peuples, même les plus primitifs, la prohibition de l’inceste est une règle d’or. Elle existe partout et c’est la règle la plus puissante de l’humanité.

Le complexe d’Œdipe s’étaye sur l’ensemble des sentiments et désirs que l’enfant va ressentir pour ses deux parents, puis il va par la suite mettre fin à ce complexe en le refoulant de manière plus ou moins efficace. Même s’il a des bases communes (interdit de l’inceste et rôle de la mère) le complexe d’Œdipe est très différent entre la fille et le garçon. Sa différence entre les deux sexes provient essentiellement de la qui existe, à savoir présence d’un pénis chez le garçon et absence de ce pénis (remplacé par le clitoris) chez la fille. C’est cette différence biologique qui va engendrer une grande différence au niveau du complexe d’Œdipe et ce, malgré que

 

Le terme complexe est utilisé car l’enfant éprouvera dans le même temps pour l’un des deux parents. C’est de là que naît l’ambivalence bien connue du monde des adultes, à savoir que l’on peut haïr quelqu’un à la mesure dont on l’a aimé et que la frontière entre l’amour et la haine est fragile, sachant que l’on peut passer de l’un à l’autre assez facilement, comme lors du complexe d’Œdipe.

Dans le même temps, c’est l’âge auquel l’enfant prend conscience de la différence des sexes.

C’est aussi à cet âge là que l’enfant va découvrir ses premiers amours et ses premières amitiés en dehors du cercle familial. L’amitié apparaît à ce stade de la vie, c’est-à-dire bien après l’amour.

C’est ici que nait la capacité de l’enfant à pouvoir aimer d’autres personnes que ces parents, c’est le complexe d’Œdipe qui rend possible cela.

           

Le complexe d’Œdipe est donc essentiel à notre bon développement amoureux, s’il n’existait pas nous resterions en permanence amoureux de nos parents

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

 

Les caractères masculins et féminins seront marqués par cette épreuve. Du fait de l’arrêt brutal du complexe d’Œdipe, les hommes auront une plus grande capacité à faire le deuil que les femmes. A noter toutefois, que même si en théorie les hommes sont censés mettre fin au complexe d'Oedipe de manière brutale, pour la pluspart ils se poursuivra également une grande partie de leur vie.

 

De même, l’action et la décision apparaissent plus comme des attributs masculins au contraire du romantisme, l’ambivalence ou la communication qui apparaissent plutôt comme des attributs féminins.

Les relations sexuelles sans sentiments seront aussi plus fréquentes chez l’homme que chez la femme. En effet, l’homme ne connait le plaisir sexuel qu’à l’adolescence, après avoir traversé bien des épreuves. La femme a accédé au plaisir clitoridien dès la petite enfance et il a été lié au sentiment d’amour dans le même temps. Les deux sont donc, chez elle, liés.

 

Ce qui semble certain c'est, que nous soyons homme ou femme, nous resterons profondément marqués dans notre vie sentimentale d'adulte par la manière dont nous aurons traversé le complexe d'Oedipe.

 

Ces événements mettront "fin" au complexe d’Œdipe et marqueront l’entrée de l’enfant dans la période de latence.

 

 

La période de latence

Elle fait suite au complexe d’Œdipe, elle est caractérisée après les « tempêtes » psychiques des premières années par un certain calme apparent et s’étale jusqu’au début de l’adolescence qui sonnera le réveil de la sexualité et une nouvelle saison de « tempêtes », elle dure d’environ six à douze ans.

 

Malgré son calme apparent, la latence est caractérisée par toute une série de réorganisations psychiques. Après l’épreuve du complexe d’Œdipe et avant celle de l’adolescence, le psychisme effectue une importante transition. C’est une période déterminante en termes d’apprentissages (école primaire), de constructions identitaires, d’éducation (valeurs) et de socialisation (consolidation des premières amitiés et des premiers amours).

 

C’est ici que vont naître les premières vraies amitiés que nous allons nouer, à l’école notamment et qui pourront durer toute la vie.

 

L’amitié nait du fait que l’enfant réalise qu’il ne peut pas être aimé exclusivement de ses parents et que par conséquent il ne peut pas leur porter un amour exclusif. Que ces parents peuvent en aimer d’autres que lui, qu’eux même ont des amis. Il va alors aimer d’autres personnes que ses parents et développer en même temps les sentiments d’amitié.

Nous pourrions dire que l’amitié naît d’un amour déçu. L’enfant s’aperçoit que ses parents n’aiment pas que lui et qu’un ailleurs en dehors de ses parents est possible. En quelque sorte l’amitié arriverait à la suite de l’amour en remplacement ou plutôt devrais-je dire en complément de celui-ci.

 

Chez le garçon, l’Oedipe connaissant une fin brutale, le passage de l’amour à l’amitié est plus rapide, plus direct. En même temps il sera plus facile pour lui de le faire, ou plus nécessaire. C’est pour cela que de nombreux hommes aiment conserver une relation « amicale » avec leur ex

Pour la fille c’est différent, c’est plus ambigu, chez elle l’Œdipe peut durer toute une vie. Elles préféreront souvent couper les ponts, ne pas passer d’une liaison amoureuse à de l’amitié car la frontière entre les 2 est chez elle plus floue, moins marquée. L’amitié chez la femme est voisine de l’amour.

 

Mais nous voyons ici que la frontière entre amour et amitié est floue, de quoi dépend t’elle, comment elle se constitue ?

L’amour parental nous le savons est dénué de sexualité par l’interdit de l’inceste

On lie souvent sexualité et amour, mais l’amour sans sexualité peut exister sans que ce forcément de l’amitié.

De même la sexualité sans amour peut exister et de même que la sexualité entre amis.

On pourrait dire l’amitié découle de l’amour, qu’elle est en quelque sorte un dérivé de l’amour.

Mais l’amour c’est quoi ? J’en viens à la 2ème partie de mon exposé…

 

 

 

L’AMOUR D’UN POINT DE VUE BIOLOGIQUE, LE COUP DE FOUDRE

 

Les récents progrès de l’imagerie cérébrale ont permis de voir dans le cerveau ce qui se passe lorsque nous sommes amoureux. Je vais relater ici les principaux qui se produisent et ce qu’ils entrainent chez nous.

 

 

Le choc de la rencontre

Le premier phénomène lors d’une rencontre amoureuse est une réaction du sous-cortex qui ne sait pas que nous sommes au XXIème siècle et qui met en branle un système de défense très efficace. Pour notre , un mécanisme très efficace se met en branle. Elévation du rythme cardiaque, augmentation de la pression sanguine. Au même moment sous l’influence de l’adrénaline le corps se transforme, l’estomac se referme, la glycémie augmente (énergie pour le cerveau et les muscles).

L’amoureux est sous le coup d’une initialement destinée à lui permettre de fuir si il ne se sent pas capable d’affronter la situation qui se présente à lui. Nous sommes dans l’ambivalence avec d’un côté notre (fuite – combat) et de l’autre notre (désir de la rencontre amoureuse).

Cette réaction dépendra de la personnalité et du degré de confiance en soi de chacun.

Il y a aussi dans la rencontre amoureuse une accompagnée d’un flot d’émotions dures à gérer pour certains d’entre nous.

Suite à ces premières réaction sois je suis trop timide, émotif, inhibé pour gérer cette rencontre amoureuse qui me bouleverse, sois j’ose surmonter mes émotions (ma peur) et je créais un contact avec l’être de mes émois.

 

 

L’ocytocine, l’hormone de la tendresse et de l’attachement

Des paroles s’échanges, des gestes s’osent, des s’immiscent dans la relation, d’abord timides puis plus marquées jusqu’à la rencontre de nos lèvres au travers du .

Tout ceci va générer la qui à l’origine est permet de lier la mère au bébé. L’ocytocine a un , sécurisant qui vient calmer les effets l’adrénaline d’alerte de la rencontre. C’est pour cela aussi que qu’une mère arrive si bien à supporter les pleurs de son bébé.

 

Puis rentrent en jeu suite aussi à l’effet de l’ocytocine les 2 neuromédiateurs que sont la et les .

La dopamine amène un fort effet euphorique qui va permettre l’hyper éveil connue de la rencontre amoureuse (le cortex est très actif). Les 2 amoureux n’on presque pas besoin de dormir et peuvent connaître une perte de l’appétit, ils peuvent quasiment se passer de nourriture (vivre d’amour et d’eau fraiche).

Dans le choc amoureux la sexualité est souvent extraordinaire le temps que durera la chimie de la passion avec son cortège d’ocytocine et d’endorphine.

La sérotonine enfin rentre en jeu en réduisant son activité toujours sous l’effet de l’ocytocine, cela va renforcer les mécanismes obsessionnels

 

 

Le coup de foudre

Le coup de foudre existe mais nous l’avons pas tous rencontré. Si 97% des femmes et 95% des hommes disent avoir déjà connu l’état amoureux ils ne sont que environ qui disent avoir

C’est le summum de l’émotion, il reprend les mêmes phénomènes dont j’ai parlé juste avant mais avec une amplitude bien plus forte. C’est l’état extrême du , une fulgurance qui se rapproche sur certains points de . Chacun le vie d’une manière différente qui lui correspond mais il n’a pas son égal en intensité émotionnelle. Nous seront comme , , la sensation d’avoir les bras ou les jambes coupées

Il peut survenir dés le 1er regard, un duquel nous aurons du mal à nous détacher. C’est par le regard notre sens le plus utilisé qu’il se propage. Cela pourra être vécu comme une intrusion par certains (renvoi à nos racines animales, ne pas regarder un animal dans les yeux). C’est un moment dans lequel nous semblons perdre pied, c’est comme le monde se figeait, qu’il n’existait plus rien que les, comme si nous étions dans une .

 

Poème de Racine (moment où Phèdre voit Hippolyte)

Je le vis, je rougis, je palis à sa vue,

Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue,

Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais plus parler,

Je sentis tout mon corps et transir et brûler.

 

Les yeux, ses fenêtres des âmes font naître des émotions d’une intensité inouïe, Freud dira « il se produit quelque chose de comparable au percement d’un tunnel entrepris par les 2 côtés ».

 

Plus encore qu’après la passion, le coup de foudre est si intense qu’il sera parfois difficile pour ce couple de passer à la suite, tant la vie semble dénuée de saveur après un tel événement.

 

 

Le festival amoureux de la passion ne dure qu’un temps

Va suivre une période qui pourra durer de quelques semaines à plusieurs mois avant de connaître peu à peu un retour à la normale. Durant cette période heureuse, voire euphorique, Nous pourrons dormir seulement quelques heures par nuit sans se sentir fatigués.

Puis peu à peu le cerveau va retrouver sa biochimie habituelle de manière progressive mais certaine. La dopamine va peu à peu rentrer dans le rang et en même temps avec elle l’effet euphorique et la suractivité vont diminuer.

La relation rentre alors dans une autre phase, soit c’est la déception de la perte de cet état et la séparation, soit les liens qui unissent et les envies de vie à 2 sont suffisamment fortes pour aller au-delà. A noter que l’ocytocine même si elle diminue reste présente pour accompagner les couples dans cette nouvelle phase.

Nous avons souvent tendance à dire que plus le feu de la passion brûle fort au début et moins la relation dure (les coups de foudre ne durent pas). Cela peut être vrai, il est parfois difficile pour certains couples de passer de l’euphorie de la passion à quelque chose de plus terre à terre, et ce d’autant plus que la passion aura été forte, la différence étant alors trop forte.

 

 

Quand l’amour devient durable

Selon la plupart la passion et ses effets ne durent que de suivant que l’on vit ensemble ou pas. J’attire ici l’attention sur le lien entre l’effet hormonal de l’amour (la passion) et l’enfant. Chez l’être humain, le , incapable d’assurer seul sa . Il a besoin d’être nourri de soin et de protection jusqu’à l’acquisition d’un début d’autonomie vers l’âge de . Soit nous retrouvons ici la durée approximative de la passion qui correspondrait au temps où la mère (la femelle) a besoin de l’homme (le mâle). Analogie ici avec le et notamment certains oiseaux qui naissent eux aussi immatures et qui nécessitent pour survivre la présence des 2 parents.

 

Place ensuite à une autre histoire qui mêlera complicité, partage, attachement sain, intelligence, empathie, estime de soi et de l’autre et beaucoup d’autres choses encore qui m’amène à la partie suivante…

 

 

 

L’AMOUR UNIVERSEL OU L’UNIVERSALITE DE L’AMOUR

 

Oui mais l’amour, l’amour véritable, qu’est ce que c’est ?

Comme nous l’avons vu précédemment l’amour est présent dès le début de notre vie, nous pouvons même dire que nous sommes le fruit de l’amour, c’est l’amour de nos parents qui fait que nous sommes venu au monde et c’est leur amour qui nous a construit et ce dés les premières minutes de notre vie sur terre.

 

            Nous sommes tous des êtres d’amour…

 

L’amour peut tout, il peut guérir comme rendre malade. Peut nous rendre heureux ou bien malheureux. Peut être la source des plus grandes joies comme des plus grandes souffrances.

Nous pouvons mettre de l’amour dans tout ce que nous faisons, c’est un sentiment universel qui peut être présent partout.

 

Nous désirons tous être aimés, nous avons désiré être aimés de la part de nos parents, de nos partenaires amoureux successifs, de notre famille, de nos amis, de nos collègues,  …

 

            A vouloir être aimé de tout le monde on fini par être aimé de n’importe qui.

 

L’amour, l’amour ça commence par l’amour de soi, comment peut on être aimé si soi même on ne s’aime pas. Et comment peut on aimer si soi même on ne s’aime pas.

Nous rejoignons ici la notion de narcissisme, et nous allons voir qu’il est important de s’aimer, mais pas avec excès pour laisser la place à l’autre.

 

Freud disait que nous avons tous une blessure d’amour, et qu’il faut avoir été blessé par l’amour pour apprendre à aimer.

 

            Aimer c’est donner quelque chose que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas (Lacan)

 

On offre à l’autre ce que l’on est mais aussi ce que l’on n’est pas.

Désirer l’autre c’est remplir son manque le temps du désir.

Aimer c’est aussi avouer une faiblesse, avouer son incomplétude, son besoin de l’autre.

Aimer, disait Lacan, c’est donner ce qu’on n’a pas. » Ce qui veut dire : aimer, c’est reconnaître son manque et le donner à l’autre, le placer dans l’autre. Ce n’est pas donner ce que l’on possède, des biens, des cadeaux, c’est donner quelque chose que l’on ne possède pas, qui va au-delà de soi-même. Pour ça, il faut assumer son manque, sa « castration », comme disait Freud. Et cela, c’est essentiellement féminin. On n’aime vraiment qu’à partir d’une position féminine. Aimer féminise. C’est pourquoi l’amour est toujours un peu comique chez un homme. Mais s’il se laisse intimider par le ridicule, c’est qu’en réalité, il n’est pas très assuré de sa virilité.

 

            L’amour c’est la rencontre de 2 demandes, de 2 désirs.

 

Nous sommes tous des êtres incomplets, aimer, c’est aussi accepter que l’autre ne nous comble pas complètement. Qu’il ne peut pas répondre à toutes nos attentes, qu’il ne peut pas nous compléter à 100%.

 

Je relate maintenant ici le mythe des androgynes (Le Banquet - Platon)

Le mythe platonicien de l'androgynie est relaté par le personnage d'Aristophane, dans le Banquet (189c - 193e). Au commencement, les êtres humains sont doubles : mâle/mâle, femelle/femelle et l'androgyne est formé de l'un et de l'autre. Ayant provoqué la colère des dieux, ils furent punis par Zeus qui les sépara chacun en deux moitiés.

Ainsi chaque moitié recherchant l'autre, l'enlace, l'embrasse et meurt triste, ne pouvant s'unir à elle. Si les choses devaient rester ainsi, les humains mourraient. Or Zeus, pour toujours avoir l'amour de ses sujets remet les organes génitaux sur le devant, formant les êtres humains actuels.

Ce mythe expliquerait donc le phénomène amoureux et sa recherche.

           

Nous tombons amoureux pour des raisons personnelles et partielles et nous devenons amoureux dans le temps pour tout le reste.

 

Il existe plusieurs types d’amour, le premier amour que nous rencontrons et je l’ai exposé longuement au début, c’est l’amour d’attachement. Il provient du début de notre vie où nous étions complètement dépendants de la mère, notre survie en dépendait. C’est un lien très fort que nous avons à ce type d’amour, il est profondément ancré en nous.

Certains d’entre nous restent toute leur vie dans ce type d’amour, le partenaire c’est la sécurité, sans lui c’est l’inconnu, le danger.

C’est un amour exclusif où l’autre nous appartient, est notre propriété, notre objet. Sans lui nous ne somme rien, nous n’existons pas. C’est un amour très empreignant, très enfermant mais certains qui se sont bien trouvés peuvent vivre très heureux toute une vie dans ce type d’amour.

 

Le 2ème type d’amour que nous rencontrons, les psychanalystes dont je fais partie l’appellent l’amour Œdipien. Comme son nom l’indique il provient du complexe d’Œdipe et beaucoup d’entre nous sont fixés sur cet amour. Dans cet amour nous allons rechercher chez l’autre des caractéristiques que nous avons déjà connues, des choses qui vont nous rassurer. Nous seront séduit chez l’autre par tel trait, tel ressemblance, tel couleur de cheveux, etc… Qui nous rappellerons nos parents, notre père ou notre mère, ou un peu des 2. Parfois cela pourra être nocif, notamment au travers de la reproduction de certains comportements que nous aurons connu enfant et qui pourront être nuisible à notre épanouissement.

Mais comme pour l’amour d’attachement certains pourront parfaitement être heureux dans ce type d’amour et aurons une vie tout à fait épanouie.

 

Mais nous avons appris qu’il existait d’autre êtres « aimables que nos parents », qu’un ailleurs est possible. Qu’il n’existe pas une mais plusieurs façons d’aimer, en cela nous allons tendre au cours de notre vie vers un amour universel…

 

Mais l’amour c’est aussi une inquiétude. Parlons à présent de la notion d’inquiétude dans l’amour, vais-je être aimé ? Vais-je pouvoir aimer ? Est-ce que ça va durer ? Est-ce que je vis aujourd’hui c’est toujours de l’amour ?

Le fait de se poser ces questions place l’individu dans un champ culturel, il se demande si actuellement il peut aimer ou être aimé.

 La société va lui donner des modèles, c’est comme cela qu’il faut être ou ne pas être (tel est la question). Nous allons chercher à nous conformer à une image, nous allons chercher à être aimé, à rentrer dans le moule.

En faisant cela le risque est de s’éloigner de notre image, de ce que nous sommes réellement. Mais pour être soi même encore faut-il savoir qui on est…

 

Certains couples sont dans la mission qui mène au bonheur : avoir des enfants, construire une maison, … Nous sommes dans l’amour culturel, sociétal et il a été réuni à la notion de bonheur. Il faut que je sois une bonne mère, un bon père, un bon compagnon, une bonne compagne, ainsi j’aurai accès au bonheur. Quand j’aurais cela ça ira, lorsque la maison sera finie nous pourrons faire ci, faire ça, nous serons heureux. Nous sommes dans une dimension des missions, cela permet de gagner du temps.

Les couples qui se séparent après avoir construit la maison allait déjà mal avant mais il refusait de le voir ou ne le savait pas et se sont lancés alors dans le projet (mission) de construire la maison. Une fois la « mission » terminée, ces couples se séparent. Cela peut être aussi élever les enfants et une fois les enfants grands même chose, ils se séparent (syndrome du nid vide). Si la mission dure 10 ans, 20 ans et bien le couple aura gagné ce temps en plus.

Oui, mais cela peut être aussi en moins car le temps que l’on est là et bien on n’est pas ailleurs avec une autre personne qui nous aurait peut-être mieux convenu.

 

A un moment donné, certains individus vont se rendre compte de ce phénomène, ils vont réaliser que quelque soit leur façon d’aimer, ils ne seront de toute manière jamais comblés à 100%. Ils vont faire une espèce de deuil de leur idéal, cette période comme tout deuil pourra être difficile à traverser. Mais dans le même temps elle va mener à une certaine quiétude.

Ils vont comprendre qu’ils peuvent aimer l’autre de multiples façons, mais que cela de toute manière ne leur suffira pas, cette compréhension va se faire sans colère. Cela va être perçu comme une nouvelle faculté à vivre l’amour, comme une libération.

Ils vont découvrir que l’on peut aimer ou être aimé non pas parce que l’on le désire, que l’amour n’est pas quelque chose que l’on fabrique, que ce n’est pas une nécessité. Ils vont apprendre à aimer sans le processus d’attachement et sans le processus de cautionnement culturel et sociétal (mission).

Ils vont découvrir une nouvelle façon d’aimer qui dépasse les formes d’amour qu’ils ont connu jusqu’à maintenant.

 

Ils vont rencontrer ce que l’on nomme en psychanalyse l’amour génital, l’amour sans attachement, l’amour véritable, sans mission, sans obligations. J’utiliserai le terme d’amour absolu

 

Ils vont aimer et se sentir libre en même temps…

 

L’idée de l’amour à tout prix va disparaître.

L’amour absolu prend des distances avec les modèles car aucun modèle n’est satisfaisant et l’individu va alors sortir de la peur que sans ces modèles il n’existe pas…

 

Du coup, il se sent moins en danger d’aimer car il n’aura pas choisi d’aimer, cela se fera fait naturellement dans la rencontre avec l’autre. Il n’aura plus peur d’aimer.

Chaque fois qu’il a vécu des notions d’attachement, amour œdipien, d’amour culturel, il a souffert. Il a compris qu’il pouvait désormais s’en détacher, car ces notions n’étaient pas satisfaisantes et suffisantes.

 

L’amour absolu a ses avantages et ses inconvénients, comme par exemple le fait qu’il ne peut fonctionner qu’entre 2 êtres dans l’amour absolu ou du moins très proche.

 

Le narcissisme de l’individu a une importance capitale dans l’amour. S’il est trop fort l’individu pourra penser que ce qu’il reçoit lui est dû, que c’est normal et ainsi qu’il ne doit rien faire pour l’entretenir.

 

Dans la fameuse phrase de Lacan « l’amour c’est donner à l’autre quelque chose que l’on n’a pas (c’est-à-dire son manque) et dont il ne veut pas », le « il ne veut pas » veut dire que l’autre n’attend rien.

 

Au contraire, si le narcissisme est trop faible, quand l’individu va recevoir il va se sentir menacé. L’individu va alors vouloir fuir car il va penser qu’il ne le mérite pas et que cela va se voir. Il va alors avoir peur d’être démasqué.

 

Le bonheur arrive lorsqu’on nous acceptons de recevoir quelque chose que l’on n’attend pas et qui ne nous fait pas peur. On ne reçoit jamais autant que lorsqu’on n’attend rien.

 

Pour pouvoir atteindre l’amour absolu il faudra un narcissisme équilibré ; ni trop fort, ni trop faible.

 

Nous devons être pacifiés par ce que notre histoire nous a apportés, mais aussi par rapport à ce qu’elle ne nous a pas apportés.

Etre en paix avec nous même et nous accepter tel que nous sommes, mais surtout tel que nous ne sommes pas.

Quand l’individu est capable de lever le voile sur ses manques, il est déjà dans la relation amoureuse avec l’autre. Et quand l’autre est capable de les recevoir, il est aussi dans l’amour avec l’autre.

 

L’individu dans l’amour absolu (le génital) va pouvoir trouver de multiples modèles dans la rencontre chez l’autre. Alors que dans l’amour culturel ou par attachement nous ne rencontrerons qu’un seul modèle.

Rencontrer l’autre c’est rencontrer un univers…

 

           

Oui, mais vous me direz le titre de la conférence c’était l’amour, l’amitié et jusqu’à présent nous n’avons parlé beaucoup d’amour et peu d’amitié.

                       

J’ai réuni ici quelques citations sur l’amitié pour lesquels nous allons remplacer amitié par amour

 

Un ami est quelqu’un qui nous donne la totale liberté d’être soi-même

 

Les vrais amis acceptent qui tu es, mais aussi t’aident à devenir ce que tu dois être

 

L'amitié est la similitude des âmes

 

L'amitié sans confiance, c'est comme une fleur sans parfum

 

Les vrais amis t’aiment pour ce que tu es et non pour ce qu'ils veulent que tu sois

 

Un ami est celui qui vous laisse l'entière liberté d'être vous-même.

 

Heureux deux amis qui s'aiment assez pour (savoir) se taire ensemble.

 

L'amour est aveugle. L'amitié ferme les yeux

 

Puis les mêmes citations en remplaçant amitié par amour

 

 

L’amitié est une forme d’amour parmi d’autres mais une des différences fondamentales entre l’amour et l’amitié est la sexualité.

Si l’homme a inventé l’amour c’est surtout tout pour la survie de l’espèce, l’amour comme nous l’avons vu au niveau de la biochimie du cerveau va accompagner la reproduction et l’arrivée du nouveau né.

Alors bien sur il peut y avoir de la sexualité sans amour ou de l’amour sans sexualité (amour maternel, fillial, …) ou sans projet d’enfant. C’est également vrai, alors je rajouterais que l’amour s’accompagne d’un projet de vie entre 2 êtres, d’un aspect de création, de construction qu’il n’y a pas forcément dans l’amitié alors qu’il sera souvent présent dans l’amour.

L’amitié est née à l’origine d’un amour déçu, c’est pour cela aussi que la notion de déception sera plus souvent liée à l’amour qu’à l’amitié, même s’il peut y avoir des déceptions en amitié et qu’elles pourront être alors plus dures à vivre qu’en amour car nous y sommes moins préparés

 

 

GARCON

 

Pas de haine pré-Œdipienne

 

Temps 1

Universalité du pénis

 

Temps 2

Le pénis est menacé verbalement par le père

 

Temps 3

Le pénis est menacé à la vue des parties génitales de la femme

 

Temps 4

La mère est châtrée

Le garçon pense « je peux être châtrée comme elle »

Emergence de l’angoisse de castration

 

Temps final

Il choisi de conserver son pénis

Séparation d’avec la mère (renoncement)

Désir porté vers d’autres femmes

Fin de l’angoisse de castration

Fin du complexe d’Oedipe

FILLE

 

Haine pré-Œdipienne

 

Temps 1

Universalité du pénis (clitoris)

 

Temps 2

Pas de menaces verbales mais comme pour le garçon remontrances à l’encontre de la masturbation

 

Temps3

Comparé visuellement au clitoris le pénis est « inférieur »

 

Temps 4

La mère est châtrée

La fille pense « j’ai été châtrée comme elle »

Emergence de l’envie de pénis

Résurgence de la haine

 

Temps final

Séparation d’avec la mère

Désir porté vers le père et d’autres hommes

Fin du complexe de castration

Le complexe d’Oedipe se poursuit